Défendre la liberté de la presse, en France, en 2020

Publié le 22 novembre 2020

Le projet de loi « sécurité globale », actuellement étudié par l'Assemblée nationale, rassemble plusieurs dispositions controversées. Parmi celle-ci, l'article 24 vise à interdire la diffusion d’images de membres des forces de l’ordre et risque d’attenter à la liberté d’informer.

Un millier de manifestants s’est rassemblé à Rennes contre la PPL « sécurité globale ».
Un millier de manifestants s’est rassemblé à Rennes contre la PPL « sécurité globale ».
© Clément Gruin

Aujourd'hui, je suis allé manifester. Ou peut-être hier, je ne sais pas. Cela faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé. Et je ne pensais pas devoir descendre dans la rue, en France en 2020, pour défendre la liberté de la presse.

Le ministre de l'Intérieur assure que l'article 24 du projet de loi « sécurité globale », actuellement discuté par l'Assemblée nationale, ne vise pas les journalistes. Pourtant, la rédaction très floue de cet article laisse une large liberté d'appréciation aux policiers, qui seraient alors juges et parties. Cette semaine, deux journalistes, dont un de France 3 Ile-de-France, ont été interpellés, placés en garde-à-vue et écopés d’un rappel à la loi. Ils travaillaient pourtant dans le cadre prévu par la loi. Qu'en sera-t-il alors si cet article 24 venait à entrer en application ?

Mais n'allez pas penser qu'il s'agit d'un mouvement corporatiste, destiné à défendre les journalistes. Ce que nous défendons, c'est le droit de filmer ce qui nous importe lors d'évènements sur la voie publique, sans devoir quémander une autorisation, pour pouvoir en rendre compte auprès de nos lecteurs, auditeurs, téléspectateurs. Que se passera-t-il quand les journalistes ne pourront plus assister à l'intégralité d'une manifestation ? C'est bien du droit des citoyens à disposer d'une information libre et indépendante dont il est question.

#CettePhotoNexisteraPlus
#CettePhotoNexisteraPlus
© Clément Gruin

J'invite aujourd'hui tous ceux qui pensent que les journalistes sont à la solde du gouvernement à regarder notre mobilisation : voilà ce qu'il se passe quand c'est effectivement le risque que nous encourrons.

D'autres dispositions qui posent question

Par ailleurs, l'article 24 n'est pas le seul article controversé de ce projet de loi. Les autres articles ne remettent pas en cause des droits constitutionnels à proprement parler, donc je ne les détaillerais pas ici, mais il est tout de même nécessaire d'avoir un débat public apaisé pour en discuter.

Dans ce sens, je vous renvoie vers les travaux de certains confrères, qui abordent notamment la vidéosurveillance ou la sécurité privée, ou encore le port de l'arme hors service. NextImpact a réalisé une revue d'effectif assez complète.